Concept : on ne perturbe plus le sol pour pratiquer l’agriculture, à l’image d’un écosystème forestier ou prairial.

Technique : on sème les cultures directement sur un sol protégé par une couverture végétale vivante ou morte.

Celle-ci provient soit de la culture précédente, soit d’une plante semée spécifiquement, dite plante de couverture, couvert végétal, ou culture intermédiaire, qu’on recherche la plus développée possible.
L’objet principal de cette couverture végétale permanente est de protéger le sol et de nourrir les très nombreux organismes qui y vivent, dont les plus connus sont les vers de terre.
Il n’y a plus aucun travail du sol, et la seule intervention mécanique consiste à déposer les semences dans le sol avec un disque qui ouvre seulement un sillon où poser la graine.

Ble 3 feuilles

 Les techniques conventionnelles recourent au travail mécanique du sol pour préparer l’ensemencement (labour ou autres façons culturales) :

   

  • elles perturbent donc le sol,
  • les organismes qui y vivent sont en partie détruits,
  • les "survivants" sont exposés aux intempéries,
  • ils manquent de nourriture sur des périodes plus ou moins longues entre deux cultures.
  • Le stock d’humus du sol diminue, à la fois par manque d’apport de biomasse, mais aussi par oxydation :

le mélange de la terre avec l’air lors des travaux culturaux produit une oxydation rapide.
Celle-ci décompose la matière organique de l’humus, formée de carbone ( C ) et d’azote (N), en dioxyde de carbone (CO2), et en oxydes d’azote, dont les nitrates (NO3-).
Il en résulte une diminution du stock d’humus du sol, constatée rapidement dans toutes les terres dès leur mise en culture, et qui se poursuit dans toutes les régions cultivées avec les méthodes conventionnelles du labour ou d’autres formes de travail mécanique.


Au contraire,

    • le semis direct ne perturbe pas le sol et laisse vivre et se développer les organismes vivants qu’il contient,
    • les couverts végétaux protègent le sol en permanence, et leur biomasse aérienne et racinaire nourrissent les organismes vivants du sol et de la surface.

 


Par conséquent, dans les champs menés en SCV :

  • la vie biologique du sol se développe de façon spectaculaire. Les vers de terre y sont de 5 à 10 fois plus nombreux, mais tous les microorganismes (champignons, bactéries…) et la macrofaune (vers, insectes…) également.
  • le sol s’enrichit en humus,
  • sa fertilité naturelle s’accroît d’autant.

 

Vers de terre

L’Agriculture de Conservation des Sols est définie par la FAO comme une des formes souhaitables d’une l’agriculture durable à l’échelle de la planète.
Elle associe

  • le Semis direct sous Couvert Végétal (SCV)
  • la pratique des rotations longues et diverses des cultures.

Des rotations plus longues, avec plus d’espèces, alternant espèces d’hiver et de printemps, dicotylédones et monocotylédones, et capitalisant sur les légumineuses. Cette plus grande diversité des espèces végétales produit une plus grande qualité fonctionnelle des microorganismes et macro-organismes associés, et de meilleurs équilibres biologiques. L’effet nuisible sur les cultures des parasites et adventices des cultures se trouve ainsi diminué par voie biologique et naturelle, ce qui permet de diminuer d’autant les interventions humaines et les intrants.