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  • Lin semis 031015 sur paille de blé dur 03022016 04 05 2017Pour l’APAD, l’Agriculture Durable n’est pas un concept vague ou un rêve, car elle existe déjà ! Les techniques de l’Agriculture de Conservation des Sols, et, parmi celles-ci, plus particulièrement le Semis direct sous Couvert Végétal (SCV), permettent d’élaborer des systèmes d’Agriculture Durable.

     

    Que s’agit-il de conserver ? Et bien, les ressources naturelles, l’eau, les rendements, le revenu, la qualité de vie, la biodiversité, la régulation du climat; …. Et pour parvenir à ces résultats, il faut d’abord et avant tout conserver LE SOL !

     L’Agriculture Durable est une démarche de progrès. 

    Le sol est le pilier de la production agricole. L’AC se propose de le bichonner, de le protéger, de le nourrir, de le rendre plus fertile.
    L’AC est quasiment inconnue en France et en Europe, mais elle est largement pratiquée dans le monde, sur de grandes exploitations sud-américaines comme par de petits paysans malgaches, tant ses principes sont universels.
    Faut-il choisir entre production et respect de l’environnement ? Non. L’Agriculture de Conservation montre déjà qu’il est possible de répondre aux enjeux d’une agriculture vraiment durable, produisant suffisamment, permettant l’accès à une alimentation de qualité même pour les moins riches, assurant un revenu aux agriculteurs sans être sous perfusion de subventions, et préservant les ressources naturelles.
    L’Agriculture de Conservation ne repose pas sur l’observance de règles ou d’un cahier des charges. Ce n’est pas un ensemble d’interdictions ou de contraintes.
    Elle se place résolument dans une logique de résultats, non pas de moyens.
    Définir ensemble des objectifs, mesurer ensemble les résultats.

     

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  • papillon et phacélie2

    Le SCV pratiqué selon les principes de l’Agriculture de Conservation des Sols conserve et même améliore tout au long des cycles de production et au fil du temps :
    . la vie biologique du sol,
    . le stock d’humus en quantité et en qualité,
    . la fertilité du sol,
    . les équilibres biologiques de l’écosystème cultivé.


    C’est la vie du sol qui permet d’optimiser les cycles de production de la biomasse, de nutrition des plantes, de recyclage organique et chimique, et le fonctionnement de tout l’écosystème, et de maintenir ces cycles en bon état.
    Le maintien et le développement de la fertilité naturelle des sols agricoles est le fondement de la durabilité des systèmes agricoles.
    Une bonne fertilité des sols agricoles obtenue par ces pratiques durables permet :

     Pour l’homme (les agriculteurs et la société) :
    . une production abondante et de qualité
    . en optimisant les intrants de toute nature,
    . ainsi que les efforts humains et les coûts,


     Pour la nature et l’environnement :
    . de conserver ou d’améliorer la biodiversité des écosystèmes cultivés,
    . d’optimiser les services écosystémiques produits :
    . le bon état de la qualité de l’eau,
    . l’optimisation de la gestion quantitative de l’eau,
    . l’optimisation du cycle du carbone.

     

     L’Agriculture de Conservation est une agriculture durable, parce que :

    – Elle nécessite moins de travail mécanique et moins d’intrants, elle économise l’énergie, le capital et la main d’oeuvre : elle apporte plus de revenu et de compétitivité aux agriculteurs.
    – Elle recycle le carbone et les nutriments : elle améliore les ressources naturelles (sol, eau, air, biodiversité), tout en employant moins d’intrants exogènes : elle est plus environnementale.
    – Elle produit plus de biomasse : elle a une meilleure efficience énergétique et un meilleur rendement carboné.

  • Concept : on ne perturbe plus le sol pour pratiquer l’agriculture, à l’image d’un écosystème forestier ou prairial.

    Technique : on sème les cultures directement sur un sol protégé par une couverture végétale vivante ou morte.

    Celle-ci provient soit de la culture précédente, soit d’une plante semée spécifiquement, dite plante de couverture, couvert végétal, ou culture intermédiaire, qu’on recherche la plus développée possible.
    L’objet principal de cette couverture végétale permanente est de protéger le sol et de nourrir les très nombreux organismes qui y vivent, dont les plus connus sont les vers de terre.
    Il n’y a plus aucun travail du sol, et la seule intervention mécanique consiste à déposer les semences dans le sol avec un disque qui ouvre seulement un sillon où poser la graine.

    Ble 3 feuilles

     Les techniques conventionnelles recourent au travail mécanique du sol pour préparer l’ensemencement (labour ou autres façons culturales) :

       

    • elles perturbent donc le sol,
    • les organismes qui y vivent sont en partie détruits,
    • les "survivants" sont exposés aux intempéries,
    • ils manquent de nourriture sur des périodes plus ou moins longues entre deux cultures.
    • Le stock d’humus du sol diminue, à la fois par manque d’apport de biomasse, mais aussi par oxydation :

    le mélange de la terre avec l’air lors des travaux culturaux produit une oxydation rapide.
    Celle-ci décompose la matière organique de l’humus, formée de carbone ( C ) et d’azote (N), en dioxyde de carbone (CO2), et en oxydes d’azote, dont les nitrates (NO3-).
    Il en résulte une diminution du stock d’humus du sol, constatée rapidement dans toutes les terres dès leur mise en culture, et qui se poursuit dans toutes les régions cultivées avec les méthodes conventionnelles du labour ou d’autres formes de travail mécanique.


    Au contraire,

      • le semis direct ne perturbe pas le sol et laisse vivre et se développer les organismes vivants qu’il contient,
      • les couverts végétaux protègent le sol en permanence, et leur biomasse aérienne et racinaire nourrissent les organismes vivants du sol et de la surface.

     


    Par conséquent, dans les champs menés en SCV :

    • la vie biologique du sol se développe de façon spectaculaire. Les vers de terre y sont de 5 à 10 fois plus nombreux, mais tous les microorganismes (champignons, bactéries…) et la macrofaune (vers, insectes…) également.
    • le sol s’enrichit en humus,
    • sa fertilité naturelle s’accroît d’autant.

     

    Vers de terre

    L’Agriculture de Conservation des Sols est définie par la FAO comme une des formes souhaitables d’une l’agriculture durable à l’échelle de la planète.
    Elle associe

    • le Semis direct sous Couvert Végétal (SCV)
    • la pratique des rotations longues et diverses des cultures.

    Des rotations plus longues, avec plus d’espèces, alternant espèces d’hiver et de printemps, dicotylédones et monocotylédones, et capitalisant sur les légumineuses. Cette plus grande diversité des espèces végétales produit une plus grande qualité fonctionnelle des microorganismes et macro-organismes associés, et de meilleurs équilibres biologiques. L’effet nuisible sur les cultures des parasites et adventices des cultures se trouve ainsi diminué par voie biologique et naturelle, ce qui permet de diminuer d’autant les interventions humaines et les intrants.

  • La qualité des sols est un enjeu identifié pour le maintien de la productivité agricole et la préservation des ressources naturelles.

    ESDAC European Commission

    En 2007, le parlement européen, à l’initiative du député français Stéphane Le Foll, a demandé à la Commission européenne de réaliser un projet d’évaluation de la ressource sol en Europe et du lien avec les pratiques agricoles :
    Le SOCO Project ("Sustainable Agriculture and Soil Conservation") http://focus.jrc.ec.europa.eu/

    Les principales menaces qui pèsent sur les sols sont les suivantes :

    1. Le compactage des sols induits par l'utilisation des machines agricoles.

    2. L'érosion par le vent ou les précipitations.

    3. Les glissements de terrain 

    4. La baisse des teneurs en matière organique

    5. La baisse de la biodiversité

    6. L'imperméabilisation due essentiellement à l'extension urbaine.

    7. La contamination des sols 

    8. La salinisation

     

    Le sol joue le rôle de filtre, de zone tampon, de réservoir ou encore de lieu de transformation de nombreux éléments et nutriments, ainsi que de lieu de dégradation des produits phytosanitaires.
    Toutes ces fonctions font du sol un déterminant de la qualité des eaux superficielles et souterraines. Lors de son transit sur ou à travers le sol, l'eau se charge en éléments divers en solution ou en suspension (nitrates, produits phytosanitaires, métaux lourds, polluants organiques, oligo-éléments, etc) qui peuvent altérer sa qualité.
    Par ailleurs, lorsque le sol ne permet pas une bonne infiltration des précipitations. Il peut y avoir ruissellement et transfert de sédiments parfois chargés en polluants dans les cours d’eau de surface.


    De manière générale, les paramètres correspondant à une bonne qualité du sol et à sa préservation sont les suivants :

    - Rugosité de surface : la présence de mottes et résidus végétaux freinent les écoulements horizontaux d’eau
    - Couverture du sol
    - Porosité verticale pour permettre l’infiltration de l’eau. La porosité est créée par les vers de terre et les racines.
    - Absence de compaction et de rupture de profil (semelle de labour)
    - Taux élevé de matière organique
    - Vie biologique intense